Extrait du triptyque  » L’effet papillon « 

Quand la vie ne tient qu’à un fil

… Hôpital d’Arcachon, les urgences, enfin ! Les lumières blafardes révèlent la fadeur des lieux. Il fait froid. Les murs aux pastels décatis s’ornent de gravures ternes et jaunies. Le lino, jadis beige, accuse l’outrage du temps. Seules, les odeurs fugaces de nettoyants industriels raniment le présent. Parfois, une porte s’ouvre, un homme en vert passe, puis s’évapore. Un autre succède, vêtu jusqu’au crâne. On dirait un schtroumpf évadé de la bande dessinée de Peyo. Puis, à nouveau le silence…

 

Le procès

… Assise au premier rang, sur un banc de bois au dossier austère, madame Marquais a la gorge sèche. Gainée dans un petit tailleur gris sorti de la naphtaline pour la circonstance, elle éprouve de la difficulté à respirer et de la peine à rester debout. Séquelles irréfutables de l’embolie, quoiqu’en dise le corps médical…

 

La vie sans elle

… Depuis le décès de Catherine il y a 4 ans, Paul réapprenait à vivre. Sans elle. Le cancer avait été une épreuve dont il pensait ne jamais se remettre. Une tragédie où s’étaient mêlés au fil des semaines, douleur, espoir, sacrifice, renoncement. Ils avaient fini, l’un et l’autre, par accepter l’inconcevable et savouré les derniers mois jusqu’à la dernière heure, la dernière minute, le dernier souffle…